Peut-on dialoguer avec les morts ?
Philippe Wallon
EXTRAITS
Reynald Roussel est-il crédible ?
FRANCE
ITALIE
FRANCE
LOISIR
POLOGNE

Le témoignage de Reynald Roussel peut paraître étonnant. Est-il vraiment possible de
voir les morts, d’apprendre d’eux des messages intéressants et utiles, de leur demander de l’aide et de l’obtenir ? Même si Reynald est honnête, ses visions
ne seraient-elles pas le résultat de ses lectures pendant une enfance tourmentée et solitaire ?
Les scientifiques et les médias sont presque muets sur ce sujet,
Le discours de Reynald Roussel n’a donc rien de bizarre en lui-même. Mais est-il pour
autant acceptable, raisonnable, crédible ? En effet, une intuition peut être trompeuse. Les sciences ont dû combattre des vieilles idées, héritées d’un
lointain passé, sans aucun fondement (on a longtemps pensé, par exemple, que la Terre était plate comme une assiette…). Un témoignage, comme
celui de Reynald Roussel, pourrait-il n’être qu’une résurgence de ces erreurs ? Un savoir aux multiples facettes
Reynald Roussel est donc, finalement, un médium assez classique. Ce qui est
intéressant, dans son récit, est que les défunts se présentent à lui d’une manière visuelle et ceci très régulièrement. En effet, bien des médiums que j’ai
rencontrés ne disent qu’entendre des messages, de la part d’entités qu’ils ne voient pas. Certains même n’ont que des intuitions qu’ils sentent comme extérieures à eux et qu’ils attribuent à leur
guide. D’autres encore n’ont aucune sensation particulière et l’entité s’exprime « directement » par leur main qui court sur
le papier, ce qu’on appelle l’« écriture automatique », que Reynald Roussel ne semble pas beaucoup apprécier.
À un moindre degré encore, ce peut être l’« écriture inspirée » : on écrit
sous une forme de « dictée », des mots ou des éléments qui vous sont comme donnés – même
si vous n’identifiez pas « qui » vous les apporte. Les facultés dites « médiumniques » seraient donc à la portée de presque tout le monde.
Reynald Roussel, un inconscient à livre ouvert
Je vois rarement des médiums professionnels en consultation, mais il m’arrive d’en
rencontrer, comme je l’ai dit. Si j’ai accepté ce récit dans ma collection « Les chemins du paranormal », ce n’est assurément pas pour déclarer Reynald
Roussel fou ou délirant.
Et pourtant, bien des lecteurs pourraient le taxer d’« halluciné », de « dérangé » ou utiliser des termes plus francs encore. D’ailleurs Reynald lui-même,
dès son plus jeune âge, a senti cette opprobre et a pris le parti d’en raconter le moins possible.
L’histoire de cette rebouteuse qui lui donne de l’huile de foie de morue est amusante.
On peut penser que cette pauvre femme a eu deux buts (qui justifient sa conduite). Le premier est, bien évidemment, l’horrible goût de la potion, destiné à
dégoûter l’enfant de raconter des histoires. Le second, plus subtil, est que,
de tout temps, les êtres de constitution faible ont eu davantage de visions que les autres.
Leur donner des vitamines, tout comme l’aurait fait un médecin, avait donc pour but de diminuer ces visions.
Pour Reynald, le résultat a été différent : les visions ont résisté, et il s’est tu pendant longtemps !
La sincérité de Reynald n’est donc pas à mettre en doute, du moins a priori. Mais est-il
pour autant vraiment « sain d’esprit » ? Pour le médecin, formé dans les Facultés de médecine et de psychologie, il ne faut pas se voiler la face, la
question est tranchée : il est fou, et sans équivoque !
Tout ce qui a trait à la médiumnité est une rumeur, une histoire de bonnes
femmes ! C’est du moins le cas de la France, car ailleurs on commence à examiner les
choses d’un peu plus près, et d’une manière moins schématique.
Ma position est plus nuancée et s’appuie sur une simple question : ces visions sont-elles « validées » ou non ? Je ne cherche
pas à acquérir moi-même des preuves, toujours sujettes à caution, mais à demander au visionnaire s’il a pu apprendre, par ces visions, des faits inconnus de
lui, et surtout si ces informations étaient suffisamment précises pour avoir un intérêt. Si la réponse est négative,cela relève de l’illusion, si elle est positive, se pose la question des
facultés de l’inconscient, du paranormal et, éventuellement, de l’au-delà.
Reynald Roussel n’est donc pas le seul à voir des êtres d’outre-monde. Mais, étant
habitué à leur présence, il en arrive à des nuances : quand ces entités se mêlent aux humains,
il sait les reconnaître. Comment fait-il ? Sa réponse est éloquente : il sait que ce ne sont pas
des êtres vivants. Curieusement, ce mot est le même que celui de Thérèse d’Avila, interrogée par son confesseur sur sa vision : « Qui vous dit que c’est
Jésus-Christ ? demande le prêtre. » -
« Il me le dit lui-même. Mais avant qu’il me le dise, l’entendement en moi le sait
déjà.28 » Ce type d’échange est révélateur : la vision est avant tout un « savoir ». Certes, elle
se présente comme une perception sensorielle (sans objet), mais le sujet concerné, dès lors
Conclusion
Si l’on se pose des questions fondamentales au sujet d’un défunt, si l’on a besoin de
l’aide perspicace d’un proche décédé, pourquoi s’empêcher à tout prix d’aller consulter un
médium, surtout si ses honoraires sont acceptables ? Il est, ne serait-ce qu’en France, des
dizaines (et peut-être des centaines) de médiums parfaitement honnêtes.
Si j’ai dirigé la rédaction de cet ouvrage, c’est que Reynald Roussel m’apparaît comme étant de ceux-là
(même si je ne suis pas garant de sa bonne conduite).
Il ne faut pas, pour autant, oublier que
bien d’autres soi-disant médiums sont de vrais escrocs. En effet, contrairement aux médecins,
aux pharmaciens ou aux avocats, il n’existe aucun Ordre chargé de faire respecter un
minimum de déontologie, de règles morales et de bonne conduite. Il n’y a aucune chance qu’un tel Ordre apparaisse dans les années qui viennent, car les
sciences se gardent d’intervenir en quoi que ce soit dans ce domaine. Nous sommes en pleine « forêt vierge »,
avec des dangers d’autant plus difficiles à distinguer que les règles de la plus simple logique
sont ignorées.
Mais, même si le médium est honnête, il ne peut pas toujours empêcher qu’un usage
pervers soit fait de ses annonces. L’on peut craindre que le consultant attende sans cesse de
nouvelles informations de la part de son défunt, et qu’il s’établisse une dépendance à l’égard
du médium. Cette personne préférera continuer à vivre avec le mort, plutôt que de se tourner
vers le monde des vivants, et de regarder l’avenir. Parmi ceux qui assistent aux prestations du
médium, combien feraient mieux de consulter un « psy » (agréé), ou simplement de discuter
avec leurs proches ?
Mon propos n’est certes pas de dénoncer Reynald Roussel, mais d’attirer l’attention de ceux qui viennent l’écouter sur une constatation fondamentale, une
évidence à rappeler sans cesse :
les défunts sont morts, ils appartiennent au passé. S’ils vivent ailleurs, il faut leur
laisser la liberté et ne pas sans cesse se rappeler à eux. Que penserais-je de vous, si vous
m’appeliez tous les jours pour me demandez conseil ? Je l’accepterai un temps, mais vous
demanderai très rapidement de cesser… ou de vous faire hospitaliser ! Un défunt aura sans nul doute plus de patience que moi, mais il réagirait d’une
manière similaire.
Ainsi, on ne doit voir un médium que pour un cas précis et délimité dans le temps. S’il
inspire la méfiance, fuyez au plus vite. S’il suscite votre confiance, ne perdez pas votre esprit critique. Laissez l’homme (ou la femme) parler et comparez
ce qu’il dit avec ce que vous pensez.
Cela était-il déjà dans votre pensée, cela vous libère-t-il d’un poids, et est-il
raisonnable de le croire ? Méfiez-vous des médiums qui vous posent trop de questions, ils opèrent par déduction logique ou intuitive et n’ont pas de pouvoir
réel.
Ne portez attention
qu’aux informations précises, et vérifiez-les. Ne vous laissez pas conter des choses
invérifiables. Posez des questions, surtout si l’on vous dit des choses menaçantes, jusqu’à ce
que votre pensée soit claire.
En effet, bien des annonces sont floues et conduisent à une attitude inutilement
paranoïaque. Une patiente qui avait des dons de voyance me dit un jour, avec une grande
angoisse, que deux femmes à cheveux longs me menaçaient. Certes, le signalement
correspondait à une réalité mais la menace était bien faible… et je le savais parfaitement. La
voyante s’était laissée emporté par ses sentiments personnels.
Comment différencier alors le bon médium du mauvais ? N’allez voir que des gens de
renom, et surtout des personnes qui ont aidé vos proches, que vous avez pu interroger et qui
vous ont dit leur surprise devant des annonces allant à l’encontre de leurs attentes, et qui se
sont vérifiées. En effet, un médium qui confirme ce que l’on sait ou l’on pressent n’a aucun
intérêt… ou fort peu. Quand vous serez en face de cette femme ou de cet homme, laissez-le
parler et posez-lui les questions que vous souhaitez, jusqu’à avoir une idée précise de ce qu’il
vous dit et de ce qu’il vous a révélé. Ne partez pas avec des demies révélations.
Si l’on vous dit seulement : « Untel vous dit qu’il va bien… » ou des choses du même
ordre, l’intérêt est à l’évidence assez limité. En revanche, nous en avons vu plusieurs
exemples, les « esprits » peuvent être très pertinents, et même bavards… et parfois donner des
conseils qui se révèlent précieux ! Il faut cependant connaître et accepter les limites de cette aide, et ne surtout jamais abdiquer son bon sens et son
esprit critique.
Table des matières
Préface Philippe Wallon
Introduction ....
Chapitre 1 Mon parcours....
Une vie peuplée d’apparitions .
S’engager dans la vie.............
Chapitre 2 Apprentissages....
Entre voyance et médiumnité ..
Apprendre !.......
Chapitre 3 Médium ! ..
Un héritage ..........
Déroulement et règles d’une consultation ..
Quelques exemples de consultations .........
Chapitre 4 La médiumnité au service de la résilience et de la guérison
Guérir par le contact médiumnique ......
Quelques explications.................12