Les Orphelins Apprentis d'Auteuil
Fondation des Orphelins Apprentis d'Auteuil
40 rue La Fontaine à Paris 75016 1866
L'abbé Roussel fonde "l'Oeuvre de la Première Communion pour les pauvres enfants abandonnés ou vagabonds", dans une maison délabrée du quartier
d'Auteuil, au 40 rue La Fontaine.
C'est le 19 Mars 1866, sous le patronage de Saint Joseph : "Vous êtes ici chez vous, restez-y !", est le
cri de confiance de l'abbé Roussel. L'abbé ajoute à la formation religieuse des jeunes de 12 à 18 ans une formation professionnelle.
Le nom de l'Oeuvre en sera marqué et deviendra vite : "L'Oeuvre des Orphelins
d'Auteuil"
L'abbé Roussel avait fondé cette oeuvre en 1866.
Ses successeurs furent, en 1895, l'abbé Fontaine et, en 1901, l'abbé Blétit. En 1923, l'abbé Muffat, qui
dirigeait l'Oeuvre depuis 1914, demanda à en être déchargé. L'archevêché de Paris s'adressa à Mgr Le Roy, supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit, et c'est ainsi que le choix se porta sur le
Père Brottier.
Sa première initiative fut d'entreprendre, par souscription, un sanctuaire à Sainte-Thérèse de Lisieux.
«Ce dont les enfants ont été sevrés, disait-il, c'est d'affection. Thérèse sera leur maman.» Après la guerre, le P. Brottier avait appris de Mgr Jalabert que celui-ci était persuadé d'avoir
obtenu pour lui la protection de Sainte-Thérèse de l'Enfant-Jésus.
De là dataient sa dévotion et sa confiance envers la petite Sainte.
Les débuts à Auteuil furent difficiles. La guerre avait déstabilisé cette oeuvre, les dettes n'avaient
cessé de croître, et le personnel désabusé, avait laissé s'instaurer parmi les jeunes une mentalité détestable.
Il en fallait plus pour démonter le nouveau directeur:
«Les Allemands n'ont pas eu ma peau, dit-il à un ami. Ce ne sont pas les gosses d'Auteuil qui
l'auront!»
Avec lui, une qualité des relations, une joie de vivre et de travailler s'instaurèrent dans l'Oeuvre...
ce qui, au dire d'un de ses biographes, aurait amené cette déclaration d'un jeune enfant:
«Je voudrais devenir Orphelin d'Auteuil!»
Pour réaliser son projet de construction d'une chapelle dédiée
à
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, le Père Brottier stimulait régulièrement collaborateurs et bienfaiteurs. Le magazine d'Auteuil «La France Illustrée» se couvrit d'annonces de
kermesses, d'éditoriaux vibrants. Le 5 octobre 1930, le cardinal Verdier, archevêque de Paris, procéda à la consécration du sanctuaire, dont la fête annuelle attirera bientôt jusqu'à vingt mille
personnes.
En même temps, il fallait payer les dettes et trouver des ressources pour la vie quotidienne.
Le Père Brottier donna pour cela beaucoup de son temps à
la correspondance. Il recevait aussi de nombreux visiteurs, bienfaiteurs ou non. A quelqu'un qui lui dit «Quelle chance vous avez, tout vous réussit», il répliqua: «Ma chance, ce fut de
travailler sans répit de 5 heures du matin à minuit, d'écrire des lettres et de recevoir des visites par milliers».
Daniel Brottier, homme de médias
Pour employer le langage actuel, Brottier fut homme de «médias». En voici quelques
exemples:
Avec lui le Courrier d'Auteuil atteindra 300 000 exemplaires mensuels. L'Ami des enfants sera tiré à 70
000 exemplaires.
La France Illustrée (fondée en 1874) touchera chaque semaine 100 000 abonnés.
Et pourtant il jugea nécessaire d'abandonner la gestion de La France Illustrée: il pensait que cela
risquait de le détourner de son oeuvre principale.
En 1930, il fonda la revue Missions où la mise en pages présentait une certaine originalité. En trois
ans Missions atteignit un tirage de 40 000.
Il utilisa l'affichage dans le métro, avec l'effigie de Sainte-Thérèse de Lisieux, pour inviter à des
concerts au profit de sa chapelle.
En 1927, il ouvrit aux écoles et aux patronages la salle Auteuil, Bon Cinéma.On y compta 600 000
spectateurs en quatorze ans.
Le développement de l'oeuvre
Sous la direction du P. Brottier, Auteuil s'agrandit et les succursales se
multiplièrent:le Vésinet (1930), La Motte-Grenet (1931), Saint-Michel-en Priziac et Saintry (1932),
Malepeyre et Restigné (1933), Perpezac et Verneuil-sur-Indre (1934), Nice et Caminel (1935). Il faut y ajouter l'organisme le Foyer à la campagne (1933). Dans l'ensemble de ces maisons, en
1936, on accueillait mille quatre cents orphelins.On ne peut citer ici tous les collaborateurs du P. Brottier.
Mentionnons cependant le P. Yves Pichon, qui vécut dans son intimité et fut son biographe; M. David,
«homme extraordinaire, dit de lui le P. Brottier, qu'on ne dérangeait jamais, mais qui se dérangeait sans cesse» ; M. Mouillier, polytechnicien, qui mena à bien la modernisation des ateliers,
tout en se montrant soucieux de formation humaine : Mlle Colonvillé, rédactrice de l'Ami des enfants ; Mlle Bigot, l'organisatrice géniale des Foyers à la campagne... Avec le regret de se limiter
à ces quelques noms.
Les dernières semaines
Le 2 février 1936, avait lieu à Dakar la consécration, par le cardinal Verdier, légat du pape, de
la Cathédrale du Souvenir Africain.
Le Père Brottier, dont la santé laissait à désirer depuis quelque temps, ne put s'y rendre.Le lundi 3 février, épuisé, il se coucha en fin de
matinée, pour ne plus se relever. Il était terrassé par une fièvre intense, de violents maux de tête et de vives douleurs à la poitrine. Une congestion pulmonaire double se déclara. Quelques
jours plus tard, une grippe infectieuse ajouta encore à ses tourments et il fut transporté à l'hôpital. Arrivé à l'hôpital Saint-Joseph mourant, il lui
restait assez de forces pour survivre pendant onze jours. Ce fut vers 4 heures du matin, le 28 février 1936 que Daniel Brottier rendit le dernier soupir.
Il fut béatifié le 25 novembre 1984, par le pape Jean-Paul Il.
Le Père Daniel Brottier, béatifié en 1984 par le pape Jean Paul II, est un héros fabuleux de notre
temps : missionnaire spiritain au Sénégal, il se révèlera un éducateur hors pair ; aumônier volontaire au front durant la guerre de 1914, il brave le danger pour demeurer constamment en première
ligne avec ses soldats.
Avec l’appui de Clemenceau, il fonde l’Union nationale des Combattants. Au retour de la guerre, son
prestige suscite la générosité ; de milliers de Français à travers tout le pays pour édifier à Dakar le fameux " Souvenir africain ". Mais, pour un vaste public, il reste avant tout le fondateur
de l’oeuvre des "Orphelins Apprentis d’Auteuil", apôtre intrépide dont on admire la générosité et l’ingéniosité au secours des enfants en détresse.
Tout au long de cette extraordinaire aventure, on le surnommera le bon Pere
Brottier.
Les Orphelins Apprentis d'Auteuil
En même temps, il fallait payer les dettes et trouver des ressources pour la vie quotidienne. Le Père
Brottier donna pour cela beaucoup de son temps à la correspondance. Il recevait aussi de nombreux visiteurs, bienfaiteurs ou non. A quelqu'un qui lui dit «Quelle chance vous avez, tout vous
réussit», il répliqua: «Ma chance, ce fut de travailler sans répit de 5 heures du matin à minuit, d'écrire des lettres et de recevoir des visites par milliers».
Daniel Brottier, homme de médias
Pour employer le langage actuel, Brottier fut homme de «médias». En voici quelques
exemples:
Avec lui le Courrier d'Auteuil atteindra 300 000 exemplaires mensuels. L'Ami des enfants sera tiré à 70
000 exemplaires. La France Illustrée (fondée en 1874) touchera chaque semaine 100 000 abonnés. Et pourtant il jugea nécessaire d'abandonner la gestion de La France Illustrée: il pensait que cela
risquait de le détourner de son oeuvre principale. En 1930, il fonda la revue Missions où la mise en pages présentait une certaine originalité. En trois ans Missions atteignit un tirage de 40
000.
Il utilisa l'affichage dans le métro, avec l'effigie de Sainte-Thérèse de Lisieux, pour inviter à des
concerts au profit de sa chapelle.
En 1927, il ouvrit aux écoles et aux patronages la salle Auteuil, Bon Cinéma.On y compta 600 000
spectateurs en quatorze ans.
Le développement de l'oeuvre
Sous la direction du P. Brottier, Auteuil s'agrandit et les succursales se multiplièrent:le Vésinet
(1930), La Motte-Grenet (1931), Saint-Michel-en Priziac et Saintry (1932), Malepeyre et Restigné (1933), Perpezac et Verneuil-sur-Indre (1934), Nice et Caminel (1935). Il faut y ajouter
l'organisme le Foyer à la campagne (1933). Dans l'ensemble de ces maisons, en 1936, on accueillait mille quatre cents orphelins.On ne peut citer ici tous les collaborateurs du P. Brottier.
Mentionnons cependant le P. Yves Pichon, qui vécut dans son intimité et fut son biographe; M. David, «homme extraordinaire, dit de lui le P. Brottier, qu'on ne dérangeait jamais, mais qui se
dérangeait sans cesse» ; M. Mouillier, polytechnicien, qui mena à bien la modernisation des ateliers, tout en se montrant soucieux de formation humaine : Mlle Colonvillé, rédactrice de l'Ami des
enfants ; Mlle Bigot, l'organisatrice géniale des Foyers à la campagne... Avec le regret de se limiter à ces quelques noms.
Sainte Thérèse à Verdun
On connaît bien la protection que sainte Thérèse octroya au Père
Daniel Brottierdurant la guerre, et spécialement pendant les grandes attaques sur Verdun à l’été 1917.
On cite en particulier son audace, lors d’une attaque le 21 août, pour aller rechercher un blessé devant les
lignes et les mitrailleuses allemandes, avec, pour seule protection visible, un drapeau de la croix rouge au bout d’un bâton.
Cela lui valut le surnom « d’aumônier verni » de la part de ses poilus du 121ème R.I.
Après la guerre, Mgr Jalabert, alors qu’on félicitait le Père Brottier d’avoir tout au long du conflit échappé
à la mort, lui révéla la source de sa protection.
Le Père Yves Pichon rapporte ce dialogue entre l’évêque de Dakar et le Père Brottier :
« - Cher Père, vous êtes-vous douté que vous devez votre sauvegarde sur le front à une protection
miraculeuse ?
- Non.
- Eh bien, regardez !
- Et l’évêque lui montra dans son bréviaire une image de sœur Thérèse accompagnée d’une photographie du Père
Brottier, au bas de laquelle Mgr Jalabert avait écrit :
« Sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus, ramenez-nous le Père Brottier vivant de
cette guerre »
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