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Reynald Roussel
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Texte Libre

Lundi 23 juin 2008

Vue d'un curé et je met pas tous


      Il est certain que la médiumnité est très répandue aujourd'hui. Le regard de sagesse sur la créature nous montre tout de suite que la médiumnité est contraire à l'intention de Dieu sur la personne. Dieu crée l'âme spirituelle pour que l'homme se gouverne à partir d'elle, car c'est par elle que l'homme peut découvrir et rejoindre son Dieu. Faire miroiter les pouvoirs que donne la médiumnité sous prétexte de philanthropie, n'est-ce pas assez pervers? Notre culture du virtuel où les jeunes sont soumis à l'informatique de façon intensive, aux jeux vidéos, développe une médiumnité, car cela arrive à l'âge où normalement devrait se développer l'intelligence et celle-ci en est empêchée par le culte du virtuel.

      Les blessures de l'enfance qui se multiplient aujourd'hui à cause des couples qui se divisent, développent souvent une médiumnité car la souffrance fait se replier sur soi et sur sa sensibilité.

      Les paramédecines à base de manipulation énergétique développent la médiumnité aussi bien pour ceux qui pratiquent ces médecines que pour ceux qui en sont les « bénéficiaires »!

      Le clou est de faire croire que la médiumnité donne accès à une vie mystique authentique! N'est-ce pas le mensonge du père du mensonge? Le mensonge de celui qui est homicide depuis le commencement?

      Je me demande si nous ne touchons pas là, à travers la médiumnité, une caricature démoniaque du sacerdoce royal des fidèles? Le sacerdoce est une médiation au plan spirituel, que nous pouvons tous exercer grâce à la charité qui est un habitus. Une médiation non finalisée au plan d'une hypersensibilité n'est-elle pas une caricature démoniaque? Nous savons que le démon caricature tout ce que fait Dieu, il n'y a qu'à lire le livre de l'Apocalypse pour s'en rendre compte. N'oublions pas que le démon a fait chuter Adam et Ève et l'exercice d'une fausse charité fraternelle. Il s'agissait du salut, devenir comme des dieux en mangeant du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal par un acte purement humain et non surnaturel: cueillir un fruit de l'arbre.

Père Paul-Marie de Mauroy, f.j  

 Personnellement, j'ai réfléchi à ce problème à partir de la philosophie du vivant puisqu'il s'agissait d'une hypersensibilité. Je ne suis pas spécialiste de cette discipline, mais ma pauvre connaissance en ce domaine m'a beaucoup éclairé. Un regard de Sagesse à partir du Créateur permet de mieux mettre en lumière la finalité et de situer la médiumnité plus nettement par rapport à cette finalité pour pouvoir utiliser le discernement théologique que nous avons préconisé.

      Le vivant humain est complexe. Il se caractérise par une certaine autonomie de vie. Il dépend d'un milieu vital, mais sa vie lui appartient au sens où il opère des opérations vitales de lui-même. Tout ce que je dis là demanderait un développement plus important, ce sont des conclusions de la philosophie du vivant qui présupposent toutes une analyse que nous n'avons pas le temps de faire ici.

      Cette vitalité, dont le vivant a la source en lui, est limitée. Le sport nous montre fameusement les limites de cette vitalité. Le vivant humain utilise cette vitalité comme il le veut, mais il est déterminé dans la nature de ses opérations vitales. On peut regrouper ces opérations vitales en trois degrés de vie à partir de l'expérience que nous faisons des autres vivants. Comme les plantes, l'homme se nourrit et respire. Comme les animaux, il sent, sa vie est sensible. Enfin, ce qui lui est propre est le degré de vie spirituelle, l'esprit. Faisons attention que la vie spirituelle dont je parle ici, est la vie de l'esprit au plan naturel et non pas au plan surnaturel. Il s'agit de la vie de l'intelligence et de la volonté qui sont les principales facultés de l'âme spirituelle.

      La vitalité limitée de l'homme se répartit donc dans ces trois degrés de vie. Le développement de la vitalité de l'homme à partir des opérations vitales fait partie de la croissance de la nature humaine dont nous parlions dans la dernière conférence. Pour que la nature humaine, du point de vue de la vie, se développe en personne, il faut que la vitalité se déploie dans le vivant selon un ordre de finalité, ce qui suppose que l'homme lui-même est finalisé (Cette finalité regarde en l'être personnel de l'homme ne peut être découverte qu'en métaphysique. Ainsi la métaphysique donne à la philosophie du vivant sa finalité). Tout doit donc être ordonné à la vie de l'esprit. Une anomalie peut se produire, ce qui est le cas du médium, où tout le capital de vie est comme cristallisé autour du degré de vie sensible, et ceci se fait en dehors de la volonté immédiate du médium.

      On comprend alors que le médium a un senti ou un ressenti très développé, plus que d'ordinaire et peut avoir des perceptions plus que les autres, non-médiums n'auront pas. Plus qu'un aveugle qui a développé son ouïe et son toucher, le médium a une hypersensibilité. On peut donc dire en fin de compte que la médiumnité, en tant que développement de la vie sensible au détriment des autres degrés de vie, est une anomalie chez le vivant par rapport à sa finalité (Cette anomalie ne peut être mise en lumière que par une métaphysique de la personne où l'on découvre que la personne humaine est faite pour contempler Dieu).

      Notons enfin que la médiumnité est un état stable de la vitalité du vivant. On peut dire qu'elle est analogue à un habitus. L'habitus est une disposition stable.

L'église a encore des efforts a faire.................  

Par reynald - Publié dans : ACTUALITES - Communauté : Irrationnel
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